Modération, prudence et compétence

On rencontre fréquemment des agences de recouvrement (mêmes importantes) qui continuent à avoir une approche du débiteur déplorable. Le contenu de leur lettre de réclamation et mise en demeure laisse apparaître des références pseudo-juridiques et menaces inconsidérées.

À cet égard et à juste raison, la surveillance opérée par les autorités judiciaires a permis un arrêt des pratiques inadmissibles qui avaient cours dans la profession. De même doivent être condamnées sans restriction les poursuites "en faillite" non justifiées sur le plan légal et destinées uniquement à provoquer un affolement du débiteur. Il faut d'ailleurs souligner qu'une action de ce type peut aboutir à la condamnation du requérant abusif, au paiement de dommages et intérêts au profit de celui qui en est l'objet.

Enfin, dans un passé relativement récent certaines agences de recouvrement n'avaient pas hésité à utiliser les services de "démarcheurs musclés" pour vaincre la résistance des débiteurs. Fort heureusement, une telle pratique n'a pas prospéré en France. On reproche souvent à l'agence de recouvrement de récupérer les "créances faciles" et de se désintéresser de celles qui apparaissent difficiles.

Un tel grief n'est pas sans fondement. Les agences de recouvrement qui adoptent ce genre confortable perdent tôt ou tard le client qui s'apercevra immanquablement de l'adoption de cette solution de facilité. Dans la majorité des cas, l'agence de recouvrement a en vue de sauvegarder la totalité des intérêts de ses clients. Il n'est pas exclu des lenteurs dans l'action ou même des poursuites inadéquates mais chez les auxiliaires de justice, une situation comparable peut se retrouver.

L'agence de recouvrement, mandataire du créancier et pour le compte de ce dernier, sauf instructions contraires de sa part,va tenter, avant d'exercer le recours judiciaire, de faire comprendre au débiteur qu'il est de son intérêt de se libérer amiablement. Au besoin, en lui octroyant quelques facilités de paiement qui viendront s'ajouter au délai dont il a déjà bénéficié.

Nous observons que les lois protègent davantage le débiteur que le créancier. Cette inéquité s'est encore aggravée ces dernières années où les organismes de défense du consommateur n'hésitent pas à utiliser les médias pour imager le créancier comme un édile bien portant fumant un gros cigare.

La situation est devenue tellement paradoxale que nous pourrions en toute humilité justifier la création d'organismes de défense du créancier contre les débiteurs de mauvaise foi, les débiteurs sans domicile connu, les débiteurs insolvables consommant autant sinon plus que s'ils étaient solvables, un système judiciaire encombré, coûteux et toujours à la charge du créancier.

Depuis quelques années l'agent de recouvrement n'a que le nom de rébarbatif et vous constaterez que dans certains cas le rapport de force face au débiteur, ne lui est pas forcément favorable.

Nos courriers comminatoires n'impressionnent plus les débiteurs professionnels. Seules les visites domiciliaires permettent encore d'obtenir des résultats probants. Néanmoins, aujourd'hui il est nécessaire de multiplier le nombre de visites domiciliaires pour aboutir à l'entier recouvrement du dossier.

Le recouvrement amiable des créances civiles ou commerciales est basé essentiellement sur un rapport de force morale ou psychologique. Il faut donc immédiatement écarter les affaires concernant les personnes de mauvaise foi dont les sollicitations seront orientées vraisemblablement vers la procédure judiciaire, après enquête de solvabilité.